René de Obaldia : Le plus beau vers de la langue francaise
"Le geai gélatineux geignait dans le jasmin"
Voici, mes zinfints
Sans en avoir l'air Martin Page : de la pluie
Le plus beau vers Je ne me souviens pas de ma première rencontre avec la pluie.
De la langue francaise... J'imagine que je n'ai pas apprécié son contact froid et émiétté
Ai,eu,ai,in ............... On apprend à aimer la pluie comme on apprend à aimer le vin en grimaçant, pour se distinguer de ses pairs et au prix de l'évidence
de ses goûts. Comme tout véritable amour, il exige invention, réflexion et une certaine expérience de la vie.
Vin et pluie ne sont pas pour autant des psychotropes similaires.L'ébriété provoquée par le vin n'a pas besoin d'être apprise. L'ivresseofferte par la pluie peut ne pas s'éprouver : elle est choisie.
Pat Conroy : Le Prince des Marées
L'obscurité envahissait cette longue soirée en terre du Sud et, tout à coup, à l'endroit précis désigné par son index, la lune pointa un front d'un or éclatant, juste au-dessus de nuages filigranés, ivres de lumière, posés sur un horizon dûment voilé. Derrière nous, le soleil déclinait, se retirant dans une harmonieuse simultanéité, et un duel d'ors embrasa le fleuve. Or flambant neuf de la lune ascendante, stupéfiante, or terni du soleil couchant qui s'éteignait lentement au gré de sa longue chute vers l'ouest... Eternel manège de la suite des jours dans les marais de Caroline, choc de la mort en direct d'une journée achevée, sous les yeux des enfants, jusqu'à complète disparition du soleil qui laissait derrière lui, en guise d'ultime signature, une guirlande de lingots tendue entre les faîtes des chênes d'eau.
MARE NOSTRUM
Les canards des basses eaux,
Ils trompettent, ils trompettent;
Les canards des basses eaux,
Ils trompettent dans les roseaux.
Les grenouilles des basses eaux,
Elles coassent, elles coassent,
Les grenouilles des basses eaux,
Elles coassent dans les roseaux.
La lune argente leur dos.
Elles coassent du silence
Qui ressemble à des bulles d'eau.
Poête, prends ta pipe
Et ton Borsalino,
Et sors. Entends sur les étangs
Tous ces crapaux qui chantent
Depuis le fond des temps,
Tous ces crapauds gonflés comme une cornemuse,
Bag pipers mélancoliques
De nos belles nuits bibiliques
D'occident - "Co-ac, co-co-oac...!"
Derniers Commentaires